Baromètre Don en Confiance 2025 : quels enseignements clés pour les associations et fondations ?
- Marie d'Almaris

- 16 déc. 2025
- 4 min de lecture
Dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les institutions et un pessimisme social persistant, le Baromètre de la Confiance 2025, réalisé par Viavoice pour Don en Confiance, apporte un éclairage essentiel sur le rapport des Français au don et sur les conditions nécessaires au maintien de la confiance envers les associations et fondations faisant appel à la générosité publique Baromètre Don en Confiance 2025.
Basée sur un échantillon de 2 000 personnes représentatif de la population française adulte, cette étude met en lumière des tendances structurantes pour l’ensemble des acteurs du secteur philanthropique.
Un climat de défiance généralisée, mais une confiance associative qui résiste
Premier constat fort : la confiance recule dans la société française. Seuls 53 % des personnes interrogées déclarent faire confiance aux autres, un chiffre en nette baisse par rapport à l’édition précédente. La confiance dans l’avenir de la société demeure particulièrement faible, avec environ un répondant sur cinq se disant confiant.
Dans ce contexte, les associations et fondations conservent un niveau de confiance relativement élevé. En 2025, 60 % des personnes interrogées déclarent leur faire confiance, un score en léger recul mais toujours très supérieur à celui accordé aux institutions politiques, aux partis ou aux médias. Cette confiance est plus marquée chez les donateurs, les bénévoles, les jeunes adultes et les personnes diplômées, confirmant le lien étroit entre engagement et perception positive du secteur associatif.
Transparence et rigueur : les piliers de la confiance
Le baromètre confirme année après année la centralité de certains critères dans la construction de la confiance. Les répondants citent en priorité :
la transparence des actions menées,
la rigueur dans la gestion des fonds,
le contrôle des organisations,
la transparence financière,
la traçabilité des dons.
Ces critères constituent le socle de crédibilité des associations et fondations faisant appel aux dons. Ils sont jugés encore plus déterminants par les donateurs réguliers, dont les attentes en matière de gouvernance et de redevabilité sont particulièrement élevées.
Qui sont les donateurs réguliers en 2025 ?
Selon le Baromètre Don en Confiance 2025, 44 % des personnes interrogées déclarent effectuer des dons réguliers. Ce niveau est stable par rapport aux années précédentes, mais il recouvre des disparités importantes selon les profils.
Les donateurs réguliers sont plus fréquemment :
des personnes âgées de 65 ans et plus,
des individus diplômés de l’enseignement supérieur,
des ménages disposant de revenus élevés,
des personnes assujetties à l’impôt sur le revenu.
Au-delà des critères socio-démographiques, l’étude met en évidence une dimension plus subjective : les donateurs réguliers se déclarent plus solidaires, plus engagés, plus heureux et davantage intégrés dans la société que la moyenne des répondants.
Freins et leviers au don : des constantes structurelles
Les freins au don identifiés restent globalement inchangés. Le principal obstacle demeure le manque de confiance quant à l’utilisation des fonds, suivi du manque de moyens financiers. Ces freins expliquent en grande partie la persistance d’une part significative de non-donateurs, malgré une sensibilité déclarée aux causes d’intérêt général.
À l’inverse, plusieurs leviers d’incitation confirment leur efficacité. Les arrondis solidaires, les événements caritatifs, y compris en ligne, ainsi que certaines sollicitations contextuelles apparaissent comme des déclencheurs efficaces, notamment auprès des donateurs occasionnels. Néanmoins, une proportion importante des dons reste motivée par une démarche spontanée, fondée sur l’adhésion durable à une cause.
La fiscalité du don, un levier déterminant
La déduction fiscale demeure un pilier du modèle de la générosité privée. 84 % des personnes interrogées savent que les dons ouvrent droit à un avantage fiscal, et 62 % estiment que ce dispositif les incite à donner, une proportion qui atteint 76 % chez les donateurs réguliers.
À l’inverse, le baromètre alerte sur les conséquences potentielles d’une remise en cause de ces avantages : plus d’un donateur sur deux déclare qu’une réduction des dispositifs fiscaux entraînerait une baisse du montant ou de la fréquence de ses dons. La stabilité du cadre fiscal apparaît ainsi comme un enjeu stratégique pour le secteur associatif.
Le label Don en Confiance : un repère structurant
Enfin, le baromètre souligne le rôle central du label Don en Confiance. 69 % des personnes interrogées estiment qu’un label renforce leur confiance envers une association ou une fondation, et cette proportion atteint 79 % chez les donateurs réguliers.
Le label est perçu comme un outil permettant :
de limiter les abus et les scandales,
d’améliorer les pratiques de gestion,
de renforcer la confiance,
et d’inciter davantage au don.
Dans un environnement marqué par la défiance, la labellisation apparaît ainsi comme un levier clé de crédibilité et de différenciation.
Conclusion
Le Baromètre Don en Confiance 2025 met en évidence une réalité contrastée : si la défiance progresse dans la société française, les associations et fondations conservent un capital confiance solide, à condition de répondre à des exigences élevées en matière de transparence, de gouvernance et de traçabilité des dons. Plus que jamais, la capacité à rendre compte de l’impact et de l’utilité sociale des actions menées constitue un enjeu central pour préserver et développer la générosité du public.


