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Succession et immobilier : quelles sont les principales erreurs qui font perdre du temps… et de la valeur ?

  • Photo du rédacteur: Marie d'Almaris
    Marie d'Almaris
  • 20 janv.
  • 4 min de lecture

Dans le cadre d’une succession, la présence dans le dossier d’un bien immobilier à céder constitue bien souvent le principal enjeu patrimonial. Il s’agit à la fois de l’actif le plus visible, le plus valorisé… et le plus complexe à gérer. Mal anticipée ou mal pilotée, la vente d’un bien immobilier successoral peut engendrer des retards significatifs dans le règlement de la succession, une dévalorisation du patrimoine transmis, voire des tensions durables entre ayants droit.

Certaines erreurs reviennent de manière récurrente. Les identifier en amont permet d’éviter des coûts inutiles, de sécuriser le processus de cession et de préserver les intérêts de l’ensemble des parties prenantes.

1. Sous-estimer la complexité d’une vente immobilière en succession

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à considérer la vente d’un bien issu de succession comme une vente immobilière « classique ».

Or, une vente successorale obéit à une logique bien différente. Elle implique notamment :

  • Une pluralité d’intervenants, avec des intérêts parfois divergents : héritiers en indivision, légataires, notaire chargé du règlement de la succession, parfois un tuteur ou un curateur ;

  • Un cadre juridique spécifique, la nécessité d’autorisations particulières et des délais incompressibles ;

  • Des enjeux fiscaux propres, notamment en matière de droits de succession, de plus-value immobilière et de délais déclaratifs.

Lorsque cette complexité est sous-estimée, les décisions structurantes sont souvent retardées et le calendrier de vente s’allonge mécaniquement, au détriment de la valeur finale.


2. Laisser le bien immobilier vacant trop longtemps

Après un décès, il n’est pas rare que le bien immobilier reste vacant pendant plusieurs mois, faute de décisions rapides. Cette vacance prolongée n’est jamais neutre et entraîne rapidement des effets négatifs :

  • Dégradations techniques liées à l’absence d’occupation et d’entretien courant ;

  • Risque accru de sinistres (fuites, dégâts des eaux, incendies, squats…) ;

  • Charges financières continues, telles que la taxe foncière, les charges de copropriété, l’assurance, les frais d’énergie ou de gardiennage ;

  • Dégradation de l’image du bien, qui devient moins attractif aux yeux des acquéreurs potentiels.

Plus la période de vacance s’allonge, plus le coût de portage pèse sur la succession et plus la valeur perçue du bien diminue. L’absence de stratégie claire dès les premières semaines suivant le décès est l’un des principaux facteurs de perte de valeur.


3. Attendre un consensus total avant d’agir

Dans un contexte successoral, la recherche d’un accord unanime entre héritiers est compréhensible et souvent légitime. Toutefois, elle devient problématique lorsqu’elle bloque toute action concrète.

Dans de nombreuses situations, cette attente empêche :

  • La sécurisation du bien ;

  • L’entretien minimal nécessaire ;

  • La préparation administrative et technique à la vente.

L’inaction est presque toujours plus coûteuse que la prise de décisions progressives. Chaque mois perdu se traduit par des charges supplémentaires, une dégradation potentielle du bien et, in fine, une diminution du produit de la vente. L’objectif n’est pas de précipiter les décisions, mais d’éviter que le temps ne devienne un facteur de perte patrimoniale.

4. Fixer un prix de vente déconnecté du marché

Autre erreur fréquente : fixer un prix de vente irréaliste, fondé sur des critères non objectifs, tels que :

  • Une valeur affective attachée au bien familial ;

  • Une estimation ancienne, qui ne tient pas compte de l’évolution récente du marché ;

  • Une volonté de maximisation excessive, sans prise en compte de la réalité de la demande.

Un prix surévalué entraîne presque systématiquement un allongement des délais de commercialisation. Le bien reste plus longtemps sur le marché, ce qui suscite la méfiance des acquéreurs et conduit souvent à des négociations plus agressives. À terme, la baisse de prix consentie est généralement plus importante que si le bien avait été positionné correctement dès le départ.

Dans un cadre successoral, le « juste prix au bon moment » est un levier essentiel pour préserver la valeur globale de la succession.


5. Négliger la préparation du bien avant la vente

Un bien immobilier issu de succession nécessite presque toujours une préparation minimale avant sa mise sur le marché. Celle-ci peut inclure :

  • Le débarras des effets personnels et des meubles obsolètes ;

  • Un nettoyage approfondi et un entretien de base ;

  • La mise à jour des diagnostics obligatoires ;

  • La sécurisation du logement (serrures, accès, électricité, eau..) ;

  • Parfois, des travaux légers visant à améliorer la lisibilité et l’attractivité du bien.

Mettre en vente un bien « en l’état », sans préparation, réduit l’intérêt des acquéreurs, limite la concurrence et exerce une pression à la baisse sur le prix. À l’inverse, des interventions ciblées, maîtrisées en coût et en délai, peuvent accélérer significativement la vente et améliorer le prix obtenu.


6. Mal anticiper les délais administratifs et juridiques

La vente d’un bien immobilier en succession est conditionnée par plusieurs étapes incontournables, parmi lesquelles :

  • L’établissement de l’acte de notoriété ;

  • La gestion juridique de l’indivision successorale ;

  • L’obtention des autorisations nécessaires à la vente ;

  • Le respect du calendrier fiscal, notamment pour la déclaration de succession.

Ne pas intégrer ces délais dans la stratégie globale conduit à des périodes d’attente improductives, pendant lesquelles le bien reste immobilisé sans création de valeur. Une anticipation rigoureuse permet au contraire de synchroniser les démarches et de réduire sensiblement le temps global de cession.


7. Gérer seul un sujet qui nécessite une coordination globale

Enfin, la vente d’un bien immobilier successoral repose sur une coordination étroite entre plusieurs acteurs :

  • Les héritiers ou bénéficiaires ;

  • Le notaire en charge de la succession ;

  • Les prestataires techniques (diagnostics, débarras, travaux) ;

  • Les professionnels de la commercialisation du bien immobilier.

Sans pilotage clair, la communication devient fragmentée, les décisions se diluent et les délais s’allongent. La gestion isolée de chaque problématique, sans vision d’ensemble, est rarement efficace dans un contexte aussi sensible.


Conclusion

En matière de succession, le temps est un facteur économique déterminant.Les erreurs les plus courantes — inaction, mauvaise anticipation, absence de stratégie de vente — ont toutes un point commun : elles entraînent une perte de valeur évitable.

Définir une stratégie de cession adaptée permet non seulement de réduire les délais de règlement de la succession, mais aussi de préserver les intérêts patrimoniaux de l’ensemble des parties prenantes.



 
 
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